Martelé à d’innombrables reprises pendant la campagne présidentielle de 2007, l’un des axiomes du candidat Nicolas Sarkozy était l’incontournable « Travailler plus pour gagner plus ». Or, ce slogan de campagne est, dans les faits, indissociable de sa subordonnée1 : « (…) pour ceux qui le souhaitent ». Il s’agissait avant tout de rendre plus flexible le travail du salarié, et non de l’imposer.
Un point étrangement passé sous silence, pourtant les discours2 de Saint Quentin (25 janvier 2007), celui tenu aux hôteliers (1er décembre 2006), le discours de Périgueux (12 octobre 2006) ou celui tenu aux personnels médicaux (18 décembre 2006), sont clairs.
Je propose de supprimer les charges et les impôts sur les heures supplémentaires pour que ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus soient encouragés à le faire, sans que personne y soit obligé.
Nicolas Sarkozy, Discours à Saint-Quentin, le 25 janvier 2007
1. Yrduab, Travailler plus pour gagner plus… pour ceux qui le souhaitent !, Agoravox.fr
2. Jean Véronis, Les discours des présidentiables, Université de Provence
Véritable saillie ou manque d’inspiration pour François Baroin ? En répondant vertement à François Hollande, candidat désigné par le Parti Socialiste, qui voyait en la finance son adversaire véritable, le Ministre des Finances inaugure à sa manière la longue bataille qui se profile pour les Présidentielles. Prononcée au Grand Jury de RTL-Le Figaro-LCI, sa réaction est probablement la plus acerbe recueillie chez les politiques, au lendemain du discours du Bourget, pierre d’achoppement de la candidature socialiste. Il n’hésita d’ailleurs pas à l’heure d’affirmer qu’il s’agissait d’un « discours hors du temps (…) qui aurait pu être prononcé dans les années 60 ou 70 ».
« Je n’ai rien entendu de nouveau dans son discours. Il était destiné aux militants de son parti et faisait une large place à l’angélisme, à la naïveté, avec un caractère souvent dépassé. Dire, par exemple, qu’on est contre le monde de la finance, c’est aussi idiot que de dire qu’on est contre la pluie ou le brouillard »
Interrogé par le Wall Street Journal début octobre 2011 sur les récentes manifestations d’Occupy Wall Street, le prétendant républicain Herman Cain avait alors joué sur la corde sensible des américains, que l’on sait attachés à la culture de l’effort et de la méritocratie par le travail. Peut-être un peu trop ?
« Don’t blame Wall Street, don’t blame the big banks; if you don’t have a job and you are not rich, blame yourself ! »
Quelques instants plus tard, celui-ci avait d’ailleurs réitéré sa philosophie.
« Ce n’est pas de sa faute si une personne réussit. C’est de sa faute si elle échoue. Et c’est pour cela que je ne comprends pas ces manifestations ni ce qu’ils cherchent à obtenir. » (« It is not a person’s fault because they succeeded. It is a person’s fault if they failed. And so this is why I don’t understand these demonstrations and what is it that they’re looking for. »)
Invité de Mardi politique sur RFI, l’ancien ministre de l’industrie Christian Estrosi était amené à revenir sur la célèbre soirée du Fouquet’s, laquelle avait couronné l’avènement de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République.
L’opulence du lieu avait alors marqué les esprits, et consacré l’image bling-bling qui allait tant coller à la peau du nouveau président.
Refusant longuement de commenter cette soirée, Christian Estrosi avait préféré souligner qu’il avait, lui, fêté la victoire Place de la Concorde. Toutefois, devant l’insistance des journalistes, celui-ci avait fini par banaliser le lieu : « C’est indigne de pouvoir reprocher au président de la République d’être allé dans une brasserie populaire des Champs-Elysées ce soir-là ».
Sentant la bourde venir, celui-ci s’était alors empressé d’interroger les journalistes, leur demandant à son tour qui parmi eux avait déjà été dans ce restaurant huppé. Sans succès.
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